Après 8 ans de mariage et un divorce difficile, j'avais tout perdu — sauf moi-même, que j'avais arrêté de chercher depuis longtemps. Bali m'a donné le cadre pour me retrouver.
Je n'avais pas voyagé seule depuis mon mariage. Huit ans plus tôt. Mon ex-mari gérait les billets, les hôtels, les itinéraires. Après le divorce, face à Booking.com avec le curseur sur "1 voyageur", j'ai réalisé que je ne savais plus décider seule de rien. Ça m'a terrifiée et décidée en même temps.
Pourquoi Bali ?
Parce que l'Eat Pray Love de Julia Roberts passait sur Netflix ce soir-là. Jugez si vous voulez. Mais la vérité, c'est que le film m'a montré une femme qui se reconstruisait seule dans un endroit de beauté et de spiritualité. J'en avais besoin.
Je suis arrivée à Ubud un mercredi soir. Mon riad à Bali — une chambre dans une guesthouse familiale, 30 USD la nuit, avec petit déjeuner de fruits tropicaux — donnait sur des rizières. Je me suis assise sur le porche et j'ai regardé les terrasses vertes jusqu'à ce que le soleil disparaisse. Rien d'autre.
Le cours de yoga du matin
Ubud est la capitale mondiale du yoga. À chaque coin de rue, des studios avec cours dès 7h du matin. J'avais fait du yoga deux fois dans ma vie. Je me suis inscrite à une semaine de cours quotidiens dans un studio en bois ouvert sur la forêt.
Le deuxième jour, en shavasana, j'ai pleuré pendant 20 minutes sans savoir pourquoi. La professeure, une Balinaise d'une cinquantaine d'années, a simplement posé une main sur ma tête et dit : "The body knows before the mind." Le corps sait avant l'esprit. J'ai repensé à cette phrase pendant tout le reste du voyage.
La cérémonie au temple
Ma famille de la guesthouse m'a invitée à une cérémonie au temple du village — une odalan, fête anniversaire du temple. Les femmes en sarongs fleuris portaient des offrandes sur la tête, l'air était chargé d'encens et de fleurs de frangipanier. Bien que non hindouiste, j'étais invitée à entrer. Je me suis agenouillée dans la cour intérieure, et quelque chose de la paix de cet endroit est entré en moi.
Je ne sais pas si c'était Dieu, ou la beauté, ou simplement l'épuisement qui capitulait. Mais cette nuit-là, pour la première fois depuis des mois, j'ai dormi sans me réveiller.
Le retour
Je suis rentrée à Agadir 12 jours après. Rien n'avait changé objectivement — le divorce était toujours là, les papiers, les cicatrices. Mais quelque chose avait changé en moi. J'avais prouvé que j'étais capable. De décider. De voyager. D'exister seule sans me dissoudre.
C'est peut-être la chose la plus importante qu'un voyage puisse vous donner.